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— WIITHAA

Design + circular economy —

Un jour de novembre Doukyo est allé à Montreuil à la rencontre de Wiithaa, une jeune agence de design pas comme les autres créée par Brieuc Saffré et Nicolas Buttin. Leur raison d’être ? Faire disparaitre la notion de déchet et accompagner les entreprises qui ont pris conscience que le futur se trouve dans cette direction. Rencontre !

-D’où vient le nom de Wiithaa ?

-C’est le nom aborigène d’un étrange oiseau (le bowerbird en anglais) qui utilise toutes les ressources à sa disposition pour construire le nid le plus beau possible pour charmer sa belle. Il utilise aussi bien des brindilles que des fleurs, des fruits, des coquillages mais aussi des papiers d’emballage, des pailles et des bouchons en plastique ! Nous avons trouvé que cet oiseau incroyable collait bien avec notre raison d’être.

-Comment vous êtes-vous rencontrés et avez-vous décidé de travailler sur la notion de déchet ?

-Nous avons fait connaissance lors d’un « Startup weekend », Nico était déjà sur des idées de partage d’objets avec des ateliers pour aider le grand public  à retaper des objets. Ensemble, nous nous sommes orientés sur du conseil en entreprise depuis octobre 2012. Notre objectif : aider à éco-concevoir des évènements, des services et des process à destination des entreprises afin de les accompagner dans une démarche d’économie circulaire.

-Vous parler beaucoup de biomimétisme dans votre réflexion, expliquez nous.

- C’est la base de notre démarche. Le biomimétisme c’est s’inspirer de la nature pour mettre en place des choses vertueuses. C’est l’adaptation des principes et stratégies élaborés par les organismes vivants et les écosystèmes, afin de produire des biens et des services de manière durable, et rendre les sociétés humaines compatibles avec la biosphère. Cela paraît utopique  mais nous sommes convaincus qu’il faut comprendre tous ces mécanismes et épouser le flux comme le font tous les autres organismes. Wiitha vient remettre en question tout le processus de traitement des déchets des sociétés tel que nous le connaissons, pour pouvoir le transformer en ressource circulaire, ouvrant de nouvelles possibilités en termes de process, services et produits.

-On peut appliquer ce principe aux entreprises ?

-Déjà il faut changer les pensées et travailler en amont parfois depuis la conception d’un produit pour résoudre le problème. Ce n’est pas qu’une question d’argent, c’est un changement de regard. Les politiciens font des lois punitives, ce n’est pas par la contrainte que l’on réglera les choses. Avec Wiithaa, nous avons développé une méthode en trois grandes étapes :
-Recentrer l’entreprise : voir ses impacts (social, environnemental) et la projeter vers l’avenir en imaginant le zéro déchet.
-Valoriser celle-ci en se questionnant sur son changement, qu’est-ce que cela apporterait.
-Enfin aller vers l’éco-conception du fournisseur au client de façon à régénérer l’entreprise. L’Américain Michael Porter défend cette notion.

-De quelle façon êtes-vous déjà intervenus ?

-Cela va de l’aménagement d’espace pour La Poste, à des séminaires upcycling dans des écoles, en passant par des ateliers chez Alinéa, Sony ou au Palais de Tokyo,  jusqu’à de la scénographie, de l’éco-conception …

-Y a t-il des pays qui sont meilleurs élèves que nous en matière d’économie circulaire ?

-La Chine et l’Allemagne par exemple ont des lois sur l’économie circulaire. San Francisco est aussi particulièrement avant-gardiste ! Pour l’instant, le zéro déchet n’existe nul part mais il y a des initiatives de sociétés ici et là comme le village Totnes en Angleterre qui a lancé le mouvement de Transition ou la société Interface, leader mondial de la fabrication de dalles de moquette, qui repousse les limites de la fabrication durable.

wiithaa.com