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— Misericordia

10 ans déjà ! —

Voilà qui ne nous rajeunit pas, mais 10 ans plus tard, Doukyo est bien ravi d'avoir des nouvelles de Misericordia ! Pour fêter cela, Aurelyen, le fondateur de la marque, de passage à Paris, répond à nos questions.

-Hello Aurelyen ! Voilà maintenant 10 ans, tu lançais Misericordia, quelles ont été les grandes étapes pour toi ? Comment s'est construite la marque ?
Le début a été un tourbillon d’émotions et de rencontres dans les bidonvilles de Lima. Puis, j’ai décidé d'y installer l’atelier de couture Misericordia : La Cabaña de Alta Costura dans le centre de la ville à Lince. La marque s’est vraiment construite autour du développement de celui-ci et de l’équipe avec l’ouverture des ateliers de couture, modélisme, broderie, sérigraphie, tricot, cuir… Puis il y a eu l'évolution de nos collections qui sont le reflet de l’enrichissement de nos savoir-faire. Ont suivi les rencontres et collaborations avec les grands noms de la mode comme Kris Van Assche et matali Crasset et les plus belles boutiques de la planète qui ont été les relais de notre passion sur la scène internationale de la mode. Notre dernière actualité a été l'ouverture de notre boutique, rue de Charonne à Paris. Elle raconte notre histoire en exposant note collection complète et le talent de mon équipe.

-Avec qui travailles-tu aujourd'hui, combien de personnes t'entourent ?
Aujourd’hui, nous sommes une équipe de 30 personnes, dont la plupart ont plus de 5 ans d’ancienneté. Les personnages clefs, sont : Alicia, la chef d’atelier ; Maria, la responsable administrative et mon ange gardien ; Luis, le responsable Tricot ; Cleo, la patronnière ; Juan Nicolas, chef atelier Couture et Lita, responsable Sérigraphie et Braderie. J’aime travaillez avec eux, et chaque saison, nous nous jetons à corps perdu dans la création de collections folles et ambitieuses. Nos vêtements sont le reflets de toute cette énergie.

-Comment décrirais-tu le projet Misericordia ?
Misericordia est la première marque de vêtements péruvienne présente sur la scène internationale de la mode. Les vêtements sont produits éthiquement dans notre atelier  à Lima par notre propre équipe de couturiers au savoir-faire unique. Misericordia est un projet d’avant-garde alliant création artistique et engagement social. Nous travaillons avec nos mains, notre esprit et notre cœur. L'espoir et la volonté sont en nous. Vivre, c'est lutter. Nous cousons pour apprendre et voir un autre monde. Plus d'Utopie. La collection Misericordia raconte notre vie et mon parcours à travers le Pérou et l’Amérique Latine. Ici, dans notre continent imprévisible, l’apprentissage est une métamorphose qui se communique dans nos créations. Enfin, je dirai que les vêtements Misericordia sont beaux car ils sont faits par une jeune équipe issue des quartiers populaires, avec d’authentiques valeurs et émotions humaines : joie, peur, courage, passion… Nous travaillons artisanalement et nos efforts sont immenses pour confectionner chaque vêtement qui est fait avec les plus belles matières et le coton organique du Pérou. Et c’est cela qui construit notre vie : c'est un processus de conquête, de la fierté et du plaisir.

-Quand tu as lancé la marque quels objectifs avais-tu ? Dix ans plus tard, les as-tu atteint ?
Ma vie s’articule sur des objectifs de courts termes : faire du mieux possible dans l’instant, savoir faire des sacrifices pour trouver la sérénité… Ma vision est à très long terme. Les autres me diront si je l’ai atteint à ma mort. Pour l’instant, je me contente de vivre la main à fond sur l’accélérateur. 

-Quels sont les projets pour le futur ?
Nous aimerions acheter un lieu à Lima pour établir notre atelier dans un espace plus vaste qui devienne notre maison pour de très nombreuses années. J'aimerai aussi renforcer et faire rayonner notre action au Pérou et ouvrir d’autres boutiques en France, pour présenter notre collection dans un lieu d’échange dédiée à notre aventure.

-Avec combien de boutiques travailles-tu dans le monde ?
Nous travaillons avec 80 points de vente dans le monde. Les principaux pays sont la France, le Japon et l’Allemagne. C’est grâce à ces revendeurs fidèles depuis de nombreuses années, que nous faisons vivre notre aventure.

-Enfin, quel regard portes-tu aujourd'hui sur la mode dite "éthique" ? Beaucoup se sont lancés dans l'aventure et ne sont plus là. Est-ce un projet viable que de vouloir créer autrement ?

Oui, la mode éthique a aussi souffert de la crise. De très nombreuses initiatives ont disparu. Je pense surtout à tous les petits producteurs et ouvriers qui s’étaient impliqués et qui se sont retrouvés sur le carreau. Il sera toujours difficile de réaliser un projet en marge et en prenant le risque d’être le reflet d’un autre mode de vie et de pensée. Moi, je m’accroche car je suis encore debout grâce à mes convictions et le désir d'écrire une longue histoire. 

-Quels problèmes as-tu rencontré à tes débuts ou/et rencontres-tu toujours ?
J’ai démarré Misericordia sans rien connaître de la mode, ni de la confection textile et je ne connaissais pas le Pérou. L’apprentissage a été très exigeant et fut un parcours d’obstacles. C’est autour de cela que l’équipe de Misericordia a construit sa motivation. Je m’intéresse peu aux problèmes. Aujourd’hui, il faut dépasser la pensée sombre : "La fiesta para Siempre".

www.misionmisericordia.com/fr/