Katherine Pradeau
Créatrice de mode depuis 1996, Katherine Pradeau fait défiler sa propre marque à Paris depuis 2000. La même année, elle fait son premier voyage au Niger et y puise une nouvelle énergie. Trois ans plus tard, elle met en place un échange de savoir-faire et de création avec les artisans Touaregs du pays. Avec eux, elle imagine une ligne de bijoux en argent massif et une collection de vêtements. Embarquement immédiat...

-Comment s'est passée votre rencontre avec le Niger et surtout avec les artisans ?
-La première rencontre avec ce pays a eu lieu en 2000. Alphadi, un créateur du pays, m'avait alors invitée à participer au FIMA (Festival International de la Mode Africaine) qui s'est tenu à Niamey. Là, j'ai resenti un véritable apaisement et surtout je me suis sentie proche de leurs valeurs. Aussi, je me suis promise de revenir et je l'ai fait en 2002. A ce moment, j'y ai fait de vraies rencontres et j'y ai trouvé de vrais amis, notamment Ismaghil Hamadédé, artisan bijoutier Touareg du Niger, avec qui je travaille aujourd'hui.
-Quel est le but de vos créations ?
-Au-delà de l'aspect mode et économique, c'est d'abord un projet humain et culturel. Un échange entre deux cultures. Je ne veux pas de collection de bijoux sans âme et je ne veux pas être la blanche qui vient seulement passer ses commandes. Je viens avec mes idées certes, mais ils me montrent aussi leur savoir-faire et ensemble on créé des pièces qui sont un mélange de nos deux cultures.
-Par exemple ?
-Et bien ça peut être des sacs en cuir qui ont des formes très urbaines mais qui sont réalisés à la main et décorés de motifs traditionnels. Ou bien un bijoux qui reprend les formes que j'aime (la cerise, la pomme), mais celles-ci ont été travaillées à la manière des Touaregs. Et toujours chaque pièce est unique car elle est travaillée à la main. Quant aux vêtements, j'aime me servir de motifs traditionnels que je fais agrandir et imprimer sur des tissus comme la soie. Je
fais aussi broder des pièce très citadines comme le trench avec des dessins Touaregs.
-Le Niger a dû changer votre vision de la mode ?
-Complétement, mais l'image actuelle ne me correspondait déjà plus. Désormais, j'ai fait le choix de ne faire qu'un seul défilé par an en juillet pendant la haute couture. Le rythme de la mode est devenu trop rapide et je crois qu'il est important de prendre son temps.
-Et quels sont vos futurs projets ?
-J'en ai plusieurs dont je ne peux pas parler maintenant. Mais je reviens du Niger où j'ai inauguré la Fondation Azalaï qui a pour but de promouvoir les arts et la culture du pays et d'en faire un vecteur de développement. Sur place il y avait des ministres mais surtout des artistes, des musiciens et moi qui était là pour l'artisanat. Je tiens vraiment à soutenir ce genre d'initiative. Ensuite, je souhaite associer mon projet à celui d'un atelier boutique où il serait possible de former des jeunes par des maîtres artisans afin de les sensibiliser à la richesse de leur artisanat. La culture est et restera mon fil conducteur.
Katherine Pradeau est vendue à Paris chez Franck&Fils et chez Bathroom Grafiti.
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